Samedi 2 août 2008
C'est à la fin de l'année 2009 que les habitants du Grand Lyon pourront profiter de la nouvelle halte ferroviaire Jean Macé, située sur la place éponyme dans le VIIème arrondissement de Lyon. Un projet placé sous le signe de l'intermodalité

La place Jean Macé est déjà un lieu d'intermodalité : elle est située au croisement d'une ligne de métro et d'une ligne de tramway. Plusieurs lignes de bus ou de trolleybus ont également la place pour origine/destination. Mais il manquait une dimension au tableau. La voie ferrée longeant la place voit seulement passer des TER sans arrêt. Dommage au vu du potentiel de correspondances qu'offre la place !

L'idée de créer une halte en ces lieux semblait toute naturelle, surtout dans le contexte actuel d'amélioration du TER Rhône-Alpes (cadencement, mise en place progressive du RER lyonnais). Le premier souci posé par les lieux est le talus de la voie ferrée, qui passe sur un pont à deux tabliers parallèles au dessus du boulevard Jean Jaurès. A priori, la construction d'une halte n'y serait pas aisée. Sur cette section à quatre voies, il a été décidé de corriger le tracé pour dégager l'espace entre les deux voies centrales pour y construire un quai. Il a fallu démolir une partie de la halle Sernam qui jouxtait les voies à cet endroit.

Ce sont donc les deux voies centrales qui desserviront l'unique quai, tandis que les accès par escaliers et ascenseurs se feront sous le pont, depuis le boulevard. Quelques pas suffiront pour rejoindre les stations de tram, bus et métro.

La région Rhône-Alpes a clairement séparé son offre entre des circulations dites intercité (type Dijon - Grenoble, par exemple) et périurbaines (type Villefranche-sur-Saône - Vienne, à arrêts fréquents). Ce sont les secondes qui sont concernées par les arrêts dans cette halte qui deviendra la quatrième de l'agglomération en terme de fréquentation avec un nombre de voyageurs comparable à celui de la gare de Lyon-Vaise. Parmi les voyageurs, on attend une clientèle nouvelle pour le TER. Son périmètre de desserte étant plus large que celui des transports purement urbains, deux tiers des usagers viendront de zones non desservies par le réseau urbain (métro, tram et bus) mais seulement par le train. Cela prouve que le ferroviaire complète les transports urbains qui ne suffisent plus, sans les concurrencer.

Enfin, ce projet respecte le patrimoine ferroviaire : la halle Sernam, datant de la Libération, malgré sa démolition partielle, est conservée. Sur les nouveaux ponts-rails ont été reposés les ornements en fer forgés qui existaient sur les anciens ouvrages.

La halte Jean Macé est donc une source d'inspiration pour le projet DUPT. Elle est comparable au projet de gare Febvotte-Rives du Cher à Tours en correspondance avec le tramway nord-sud [publication liée]. Qui a dit que le train ne pouvait pas être au service de la mobilité urbaine ?

Pour en savoir plus
Un excellent site a été créé pour l'explication du projet et le suivi des chantiers : www.lahaltejeanmace.com.
Par Arnoul MAFFRE - Publié dans : Urbain & périurbain ailleurs
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