Dans la première partie de cet article ont été brièvement évoquées
les infrastructures de Joué-lès-Tours. Voyons maintenant le potentiel des gares et les travaux nécessaires à la mise en place de trains périurbains cadencés
Potentiel des gares
La gare de Joué-lès-Tours possède un bâtiment voyageurs de dimensions modestes, qui témoigne de la faible importance de la ville lors de l'arrivée du chemin de fer en 1875. Toutefois une récente
extension sert de hall d'entrée à la gare. Deux voies à quai sont desservies par les trains : la voie 1 la plus proche du bâtiment voyageurs par les trains de et pour Loches, l'autre de et pour
Chinon. La traversée se fait par des planches à niveau, système n'assurant absolument pas la sécurité des voyageurs. Dans le cadre de la modernisation des gares, il faudra ici prévoir le
réhaussement des quais et un passage souterrain ou une passerelle équipée d'escaliers et d'ascenseurs.
La gare dessert le nord de l'agglomération jocondienne. La construction récente de logements dans le secteur témoigne de son dynamisme.
A gauche Vue de la gare depuis le passage à niveau la jouxtant
A droite Vue depuis le quai des voies en direction de la bifurcation vers Loches ou Chinon.
La halte de la Douzillère se situe quant à elle sur la branche Loches. Il n'y a aucune voie d'évitement : les installations se résument à un quai desservi par un parking avec un abri à voyageurs
en piteux état, qui ne donne pas franchement envie d'utiliser les transports en commun. Cette gare dessert un quartier pavillonnaire relativement étalé et le lycée Jean Monnet : elle répond à la
demande de voyageurs pendulaires scolaires et professionnels.
Vues de la halte de la Douzillère, à gauche côté Joué et à droite côté Cormery /
Loches.
Modernisation de l'infrastructure et augmentation de la capacité
Même sans avancer de proposition détaillée sur le cadencement des trains périurbains vers Cormery-Truyes et Azay-le-Rideau, il est bien évident que la mise en place de ces dessertes à fréquence
élevée demande une sérieuse amélioration de l'infrastructure. L'idéal serait de mettre à double voie les deux lignes à partir de la bifurcation. Cependant il semble que la plate-forme ne dégage
pas le gabarit suffisant pour la pose d'une seconde voie, en particulier sur la branche lochoise. La solution se rachat de parcelles par Réseau Ferré de France, propriétaire et gestionnaire des
infrastructures reste envisageable mais serait longue et délicate. En cas de maintien obligé de la voie unique, les efforts doivent se porter sur la signalisation. La nouvelle génération de
signalisation embarquée ERTMS, détaillée dans la plaquette de présentation (téléchargeable
ici), pourrait voir ici une application inédite sur
le réseau ferré classique. Associée à des croisements efficaces, l'infrastructure pourrait absorber un nombre élevé de trains et donc garantir un service cadencé de qualité.
Plan des installations ferroviaires de Joué lès Tours
D'autre part, l'électrification des deux lignes jusqu'à Cormery et Azay le Rideau serait nécessaire, afin d'obtenir une puissance d'accélération / freinage élevée permettant de maintenir
des temps de parcours raisonnables tout en pratiquant une politique d'arrêts fréquents et rapprochés. Au vu des techniques actuelles, l'électrification en 25 kV 50 Hz est préférable au continu
1,5 kV, bien qu'il s'agisse de la tension en vigueur dans les complexe tourangeau. L'utilisation de matériel bicourant est aujourd'hui fréquente en France.
Vue de la voie unique continuant vers Loches : de visu, un doute subsiste quant au gabarit de la plate-forme : la pose d'une seconde voie est-elle
possible ?
Enfin Joué lès Tours et les deux lignes qui s'y séparent ne pourraient être reliées à Tours par l'infrastructure existante, qui consiste en un raccordement avec la ligne venant de Bordeaux. La
saturation de celle-ci est évidente, avec les TGV, TER et trains de fret nombreux qui y circulent. A plus long terme, on évoque sur cette ligne une autoroute ferroviaire à l'horizon de
l'ouverture de la LGV Sud-Europe-Atlantique (2016). L'idéal serait de créer une nouvelle double voie le long de la ligne venant de Bordeaux pour que les trains en provenance de Joué-lès-Tours
n'aient plus à circuler sur cette ligne surchargée. Mais au prix de travaux de génie civil importants et d'un second pont sur le Cher...
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